mercredi 18 juin 2014

Ce n’est pas la faute à Knoops !


Depuis l’annonce de restructuration de Delhaize, les déclarations d’indignations ont inondé la presse et les réseaux sociaux. Le message principal? « Delhaize fait du bénéfice, donc l’entreprise ne peut pas licencier » souvent accompagné du sous-entendu « Et pendant ce temps, les méprisants dirigeants s’en mettent plein les poches ». A mon humble avis, le premier message est simpliste et le sous-entendu carrément malsain.


Non, ce n’est pas la faute à Knoops. C’est tellement flagrant. On n’a vu aucun responsable politique, aucun journaliste, le dire haut et fort. Personne pour apporter son soutien à un management soumis à une pression que peu d’entre nous serait capable de supporter. Dans ce contexte, les couacs de communication de Mr Knoops, s’il en est entièrement responsable, ne font pas de lui un escroc. Affirmer ce soutien aurait permis de passer du prisme « Il faut protéger les travailleurs victimes de mauvaises décisions du patron » à « Delhaize est en difficulté. Comment peut-on aider l’ensemble de ses travailleurs à traverser cette crise dans les meilleures conditions ? »

Mais il est tellement plus simple d’entretenir cette bonne vieille lutte des classes ! Une recette qui fonctionne depuis des siècles. On y a recours pour justifier toutes les injustices. On oppose la gauche et la droite, les patrons et les syndicats, les "riches" et les "pauvres". On force les gens à choisir le camp des ouvriers et employés fainéants, ou celui des cadres dirigeants, vénaux et méprisant. Il est évident que cette manière de penser notre vivre ensemble est dépassée. Mais certains se plaisent à entretenir ce clivage, avec pour objectif inconscient de ne pas devoir se poser les vraies questions, celles qui font peur. J’y reviens. 

Non, ce n’est pas la faute à Mr Knoops s’il est amené à fermer 14 magasins non-rentables alors même qu’ils font partie d’un groupe qui fait du bénéfice. C’est la logique de notre système économique basé sur la compétition. S’il ne le fait pas, l’entreprise devra réduire ses dépenses ou augmenter ses recettes. Si elle réduit ses dépenses en diminuant la rémunération de l’actionnaire ou de ses employés, ceux-ci fuiront investir ou travailler dans des entreprises plus rentables. Si elle augmente ses recettes en augmentant ses prix, vous et moi fuirons vers une autre chaine de grande distribution où le passage à la caisse est moins douloureux. Nous réagissons tous à la même logique, implacable, inattaquable.

Et c'est là que ça devient dangereux. Les adeptes de notre économie du libre-échange se repose sur cette logique, impacable, inattaquable, pour justifier les comportements de leurs pairs et couper court au débat. Ils en oublient que des logiques implacables, inattaquables ont parfois été au cœur des moments les plus noirs de notre Histoire. Les contestataires, eux, s'attaquent aux Mrs Knoops à l'intérieur de notre système. Mais tant que les règles du jeu restent les mêmes, les Mrs Knoops auront toujours raison de prendre des décisions comme celle de la semaine passée. C'est réellement logique, implacable et inattaquable.

Vous l'aurez compris, le serpent se mord la queue. C'est le fonctionnement de notre économie, qui comporte trop d'effets pervers et dont le fonctionnement échappe au contrôle de ses acteurs, qu'il faut remettre en question. On parle ici de coordonner les ressources d'une planète avec les envies et les besoins de près de 7 milliards de personnes! La solution miracle n'existe pas. D'ailleurs, des systèmes bien pires existent comme l'économie collectiviste dont on a vu le désastre humain qu'il provoque.

Alors oui, indignons-nous. Mais pas du comportement des patrons, ni de celui des grévistes. Dans cette histoire, chacun joue le rôle que le système veut bien lui donner. Indignons-nous plutôt de ce système dans lequel une partie d'entre nous est confortablement installé mais dont on sous-estime souvent les laissés-pour-compte. Je n'ai pas de solution toute faite à proposer. Sinon celle qui consiste à ce que chacun ouvre les yeux et les oreilles aux alternatives ambitieuses qui sont proposées, soit ouvert au changement et prêt à sortir de sa routine. A ce que nos politiques soient encouragés et suivis quand ils s'engagent dans des voies innovantes. Ce n'est pas simple mais "un monde différent ne peut advenir avec des gens indifférents!". Bonne chance!

mercredi 4 décembre 2013

Politiques tous pourris? Ca suffit !


Il y a un an, je me suis engagé en politique. "Et ça va? Pas trop déçu par ce monde pourri?". Et biims, prends ça! Les clichés ont la vie dure... "On ne les voit qu'en campagne électorale", "Ils ne pensent qu'à sauver leur salaire", « Ca c’est une réponse de politicien », "Des promesses, encore des promesses...", "Tous les mêmes", "Qu'est-ce qu'ils vont encore inventer comme taxe?". Le discours est rôdé, les insinuations incessantes. Cracher sur le politicien, c'est devenu banal.



Comment en sommes-nous arrivés là? À blâmer sans cesse notre démocratie et ses représentants en reportant sur eux tous nos maux ? À mépriser des institutions que nous avons mis des siècles à créer? À n'avoir plus aucun respect pour le service public? Nous rendons-nous compte de la gravité de cette perte de sens? Chacun a sa part de responsabilité dans cette situation.

Le politique a la sienne. Les scandales inacceptables, les institutions trop complexes, les élections trop nombreuses, et j’en passe. Vous avez raison. D'ailleurs, la grande majorité des politiciens pensent comme vous, dénoncent ces situations et travaillent dur pour faire évoluer les choses !

Mais nous avons, en tant que citoyen, notre part de responsabilité dans ce grand malentendu. Posez-vous cette question: combien de temps passez-vous en moyenne chaque année à vous informer sérieusement sur l'actualité et le fonctionnement politique? Sans doute quelques heures à peine. Quel paradoxe ! Alors que plus de la moitié de nos revenus sert à financer le service public (et nous nous en plaignons aisément !), nous ne daignons consacrer que quelques heures par an pour décider comment dépenser cet argent. La frustration qui s'en suit ne doit pas nous étonner!

Mon parti organisait récemment une série de tables rondes dans les quartiers de Bruxelles sur les grands sujets de société (emploi, fiscalité, énergie,…). Chaque soirée a réuni une 30aine de citoyens suite à une intense mobilisation de nos réseaux. De l’avis de tous, un beau succès pour ce genre d’actions qui n’attirent habituellement personne. Cette semaine, pour un problème de dos d’âne, ce sont 60 riverains qui étaient présents pour crier leur mécontentement lors d’une réunion d’information organisée à la hâte.

Cela ne peut plus continuer comme ça. Notre responsabilité citoyenne ne s’arrête pas au vote. Est-ce que nous nous attendons vraiment à comprendre les enjeux d'une baisse de la TVA sur l'électricité en écoutant un ministre s'expliquer pendant 1min30 au Journal Télévisé ? Jamais nous ne nous réconcilierons avec le politique si nous ne nous en donnons pas les moyens. L’information est à portée de main, sur le web notamment. Nos conseillers communaux, échevins & parlementaires sont disponibles pour nous informer et relayer nos préoccupations. Ils ne demandent qu’à échanger avec ceux qui les ont élus. Prenons nos responsabilités. Engageons-nous! Renseignons-nous! Participons au débat ! Nous verrons que le politique est amené à prendre des décisions sur base d’un juste équilibre de probabilités et non un excès de certitudes. Les discours simplistes, polémiques et rapides n’apportent rien.

Des voyous, il y en a partout. Des personnes de bonne volonté, honnêtes, intelligentes et travailleuses, aussi. La thèse du "politiques, tous pourris" n'est pas décente. Il est urgent de le dire et de l’écrire.

Jeunesse, lève-toi !

Le long week-end du 15 août vient de passer. Il a fait calme au pays. Quelle aubaine ! Une fois de plus, la journée internationale de la Je...